Retour | Accueil Oll'Josy | Sommaire des News
|
Informations Presse - Animaux - Parution dans La Croix du 16/05/2007 Des animaux si chers à nos enfants La présence d'un animal auprès d'un enfant participe à sa sécurité affective et stimule ses compétences, à condition que ses parents l'acceptent.
La présence d'un animal
aux côtés de l'enfant peut jouer un grand rôle en apaisant des tensions « Maman, j’veux un chien ! » Quel parent n’a jamais été confronté à cette demande, à des petits yeux suppliants et pleins d’espoir, à l’attente anxieuse de la réponse tant désirée ? Et quel parent n’a pas immédiatement pensé : « Les ennuis commencent » ? Pour contrariante que soit, aux yeux des adultes, la perspective d’avoir un animal, on sait maintenant que, la plupart du temps, les enfants n’en demandent pas par caprice mais par besoin affectif. N’ont-ils pas commencé leur vie avec une peluche, un doudou, un jouet, une représentation d’animal glissée dans leur berceau, depuis la nuit des temps ? Si les bébés se cramponnent à ces animaux symboliques, ours, lapins, girafes…, ensuite ce sont les animaux réels qui prennent une importance considérable.
« Ils ont ce côté physique, chaud, poilu, doux, agréable. La communication se fait entre deux êtres vivants qui se comprennent par les regards, la posture, souligne Lyonel Rossant, pédiatre à Nice. Le petit enfant projette sur l’animal ses sentiments et ses perceptions et pense qu’il le comprend. L’animal colle aux manifestations de l’enfant. » Un enfant qui rit, saute de joie, court, voit son chien frétiller, son chat jouer à lui donner des coups de pattes. Qu’il pleure ou reste assis tristement, et l’animal restera calmement à ses côtés comme s’il partageait sa peine… "Le réceptacle des peines et des joies de l’enfant" « L’animal est le réceptacle des peines et des joies de l’enfant. Il aide à son émancipation en lui enseignant la douleur, l’obéissance et la désobéissance, l’indépendance, autant de notions nécessaires à son développement », écrivait Donald Woods Winnicott, pédiatre et psychanalyste anglais dans les années 1960, jetant les bases de la pet therapy, la thérapie par les animaux. De nombreuses expériences destinées à améliorer le bien-être ou la communication de jeunes malmenés par la vie, handicapés, autistes, psychotiques, ont vu le jour dans des centres spécialisés. En famille, la présence d’un animal peut également jouer un grand rôle, en apaisant des tensions et en aidant l’enfant à trouver sa place parmi les siens.
« On s’est aperçu que Pauline avait des capacités d’argumentation extraordinaires quand, vers 9 ans, elle a réclamé un chien », raconte Louis, son père. « Elle l’a obtenu pour ses 10 ans, et on continue à plaisanter en lui disant qu’elle devrait devenir avocate plus tard. Et, qui sait ? Je crois qu’elle serait douée pour ce métier… » D’autres enfants se sentent rassurés sur l’amour que leur portent leurs parents en voyant les contraintes que ceux-ci sont prêts à accepter pour qu’ils puissent avoir un animal. « Je sais à présent que j’avais moins besoin de mon poney “Hirondelle” que de mon père », se souvient Lisa, 28 ans. N’ont-ils pas commencé leur vie avec une peluche, un doudou, un jouet, une représentation d’animal glissée dans leur berceau, depuis la nuit des temps ? Après un divorce, Lisa, confiée à sa mère, avait obtenu ce poney de son père remarié. « Quand il a acheté Hirondelle, qui a été installée dans un centre équestre voisin, je me suis sentie rassurée. » L’animal aide les enfants à mieux comprendre le monde Quand un enfant demande un animal, les parents se sentent coupables de refuser. Faut-il pour autant toujours céder ? En tout cas, la question ne doit pas être repoussée hâtivement. On peut expliquer à un enfant les contraintes qui s’appliqueront au choix d’un animal, comme l’impossibilité de faire vivre un gros chien en appartement, ou d’adopter un chat si personne ne peut le prendre en charge pendant les vacances…, et lui proposer des alternatives, ou un animal plus petit, plus adapté au style de vie de la famille. L’important est de discuter de la question. L’animal amène les familles à parler, à se parler. « La dimension narrative est absolument fondamentale et souvent passée sous silence, explique Dominique Lestel, philosophe et éthologue (1). Elle est fondamentale parce que l’animal domestique, l’animal avec qui on vit, est un animal à qui on parle et à propos de qui on parle. Le fait est que la parole, le langage jouent un rôle dans le rapport que nous avons avec ces animaux, alors que traditionnellement on oppose l’homme et l’animal à partir de cette faculté de langage. »
L’animal aide également les enfants à mieux comprendre le monde. Présent dans les contes et récits, il joue un rôle essentiel dans les mythes fondateurs de toutes les cultures. Plus concrètement encore, « une chatte qui a des chatons renvoie l’enfant à certaines questions sur sa naissance, la sexualité, la mort, souligne Ginette Francequin, psychologue. Les animaux aident à répondre à ces questions, ils développent les émotions et les affects. Souvent, la mort d’un animal favori est le premier deuil qu’affronte un enfant. ». La présence d’un animal auprès d’un enfant enrichit ses compétences. En devenir responsable lui apprend le respect dû aux êtres, l’attention et le soin à leur porter, à condition que la famille accompagne cette éducation. Mais si les parents ne sont pas prêts à participer à l’accueil de ce compagnon, mieux vaut chercher d’autres solutions plutôt que de ressentir une culpabilité risquant d’empoisonner le quotidien : les chats de passage qu’on accueille avec plaisir, qui repartent chez eux, et reviennent, en toute liberté ; le chien d’une vieille dame du voisinage qu’on promène occasionnellement, pour le plus grand plaisir de tous… L’homme est fondamentalement une espèce maternante « Nous n’avons pas pu avoir un chien comme l’espéraient nos enfants, mais, heureusement, leurs grands-parents ont recueilli un épagneul, raconte Emmanuelle, mère d’un garçon de 8 ans et d’une fille de 4 ans. Chaque fois que nous allons les voir, c’est la fête avec ce chien ! Ils sont inséparables, c’est une joie de les voir s’amuser, et un soulagement de ne pas devoir assumer les corvées le reste du temps. » La familiarité homme-animal, née de la domestication du chien et du chat, vient, selon Dominique Lestel, du fait que « l’homme est fondamentalement une espèce maternante. Nous adorons prendre soin des autres, et en particulier des animaux ». Au point d’aller jusqu’à «parrainer» des baleines, des animaux sauvages en danger, ou encore de se choisir des «artefacts», chiens robots et compagnons virtuels, qui inquiètent les spécialistes de l’enfance. « Je trouve ces animaux virtuels d’une tristesse ! », s’exclame Lyonel Rossant. « Ils attirent les enfants. Les parents sont embêtés, mais pour certains, ils ont trouvé ce moyen plus économique qu’un vrai animal, et qui ne donne pas de responsabilités. »
Les robots n’ont pas connu un grand succès, avec, par exemple, seulement 150.000 exemplaires du chien Aïbo vendus dans le monde, avant que Sony y renonce en 2006. En revanche, le jeu d’élevage de chiens sur console, Nintendogs, avec 13,6 millions d’exemplaires vendus depuis fin 2005, s’avère un phénomène. « Avec un vrai animal, on apprend à communiquer, dans le cadre de rapports sociaux, alors qu’avec les avatars, on ne va communiquer qu’avec l’ordinateur : c’est triste, voire dangereux », ajoute le pédiatre. Tous les enfants feront-ils la différence entre réel et virtuel ? Si on l’attaque, un vrai chien mordra et on apprendra à le respecter. Sur Internet, un enfant peut jouer à être cruel, faire exploser un chien, sans subir le moindre risque. « Pour un enfant équilibré, c’est un jeu, et ce n’est pas gênant, mais pour un enfant fragile, ça peut le faire régresser », estime Lyonel Rossant. Donc, pour les parents qui ne se sentent pas prêts à adopter un chien, un chat, un cheval, mieux vaut encore prendre un vrai poisson rouge ! N.I. Parution dans La Croix du 16/05/2007
(1) Dominique Lestel s’exprimait
lors des Rencontres francophones sur les activités associant l’animal,
dont l’Afirac (voir "Infos + ci-dessous") a publié les actes, « Un regard éthique sur
la médiation animale ». .................. Infos + Chiffres La France est le pays d'Europe possédant le plus d'animaux de compagnie par personne. 53 % des ménages ont au moins un animal familier, dont 45 % ont au moins un chien ou un chat. On compte dans l'Hexagone 65 millions d'animaux de compagnie, dont 9 millions de chiens, plus de 8 millions de chats, 7 millions d'oiseaux, 2 millions de petits rongeurs et 27 millions de poissons. Le chat : une séduction croissante La présence plus importante du chat est une tendance forte dans de nombreux pays occidentaux qui se vérifie en France. Avec 9,9 millions de petits félins, le chat se revendique l'animal préféré des français et goûterait particulièrement la vie citadine. Et plus particulièrement à Paris, dans l'Est de la France et chez les 35/44 ans. L'acquisition d'un chat est le plus souvent la rencontre fortuite avec un animal trouvé ou donné (93 %). L'achat est donc rare. A cet égard, les chats de race ne représentent que 5 % de la population féline. Le chien : un lien affectif puissant Lorsque un chien partage votre existence et surtout dans la période de l'enfance, la mémoire est durablement imprégnée par cet épisode agréable pour 94 % des personnes interrogées. Présents majoritairement dans les foyers de plus de trois personnes, ils sont accueillis par 73 % des maîtres dans une maison avec jardin. Les autres animaux de compagnie Petits rongeurs, lapins nains, hamsters, cochons d'Inde affirment d'année en année leur place dans 6 % des foyers. Le poisson rouge a toujours la côte. Avec ses congénères tropicaux, de bassin ou de mare ils affichent une population de 35 millions auprès de 11 % de foyers. Avec 6,59 millions d'individus, les oiseaux reste une population stable au fil des ans, répartie dans 5 % des foyers, dont 11 % sont présents dans des familles de 5 personnes ou plus. A-t-on tendance à trop attendre de son animal ? « Il ne faut pas le prendre comme le substitut d'une personne manquante, mais comme un compagnon complémentaire, qui fait partie de la famille. Il est fréquent qu'après la disparition d'une personne, une famille prenne un animal, ce qui offre une nouvelle compagnie et facilite le deuil. Ce partenaire familier dans la cellule familiale rassure affectivement, et cela est valable aussi pour les adultes. » Hubert Montagner - Recueilli par Nathalie Lacube .................. Liens + Association française d'information et de recherche sur l'animal de compagnie (Afirac) : L'Afirac a pour vocation d'étudier le phénomène social que constitue la cohabitation entre l'animal familier et l'homme et de répondre aux questions suscitées par cette vie en commun. Web :http://www.afirac.org/ Fondation Sommer Sous l'égide de la Fondation de France, elle soutient des actions visant à renforcer les liens entre hommes et animaux. Web : http://www.fondation-apsommer.org Quand chiens et chats entretiennent notre forme physique (© Afirac): Téléchargez la brochure "Chat" / Téléchargez la brochure "Chien" FACCO : animal, alimentation, autres - http://www.facco.fr ________________ Retour | Accueil Oll'Josy | Sommaire des News ________________ © Infos Presse Oll'Josy du 16/05/07 |