Les British Oll'Josy

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La peur du vétérinaire

  

Beaucoup d'entre nous avons pu remarquer la panique réelle de notre cher compagnon quand nous le menons en consultation chez le vétérinaire ...

Plusieurs raisons amènent cet état de panique chez notre compagnon, et quelques-unes de ces raisons sont présentées de façon très explicite dans l'article qui suit. Cet article va bien au-delà d'ailleurs car si, d'une part, il détaille l'interprétation de l'animal et les raisons de sa panique, de ce qu'il ressent etc, il dénonce aussi, d'autre part, les actes et intérêts de certains praticiens qui ajoutent à ce ressentiment.

La manipulation de l'animal est nécessaire pour pouvoir le soigner, d'autant plus lorsqu'il est blessé. Mais notre compagnon ne comprend pas notre attitude ni nos bonnes intentions, même que son interprétation en est toute autre d'où sa panique.

Il est intéressant de se demander comment notre compagnon vit sa visite chez le vétérinaire, ne serait-ce que pour nous aider à le comprendre et l'accompagner de notre mieux. Si malheureusement la naissance de ce stress est inévitable pour le soigner (soins administrés, hospitalisation, ...) nous pouvons cependant lui éviter toutes autres sources de panique ... En ce cas, le choix du "vétérinaire de la famille" est très important.

Nous favoriserons un vétérinaire doux dans ses actes, compréhensif de la douleur animale et orienté vers son bien-être plutôt que celui qui démontre une certaine froideur face à la souffrance de son patient et qui ironise même sur notre profonde inquiétude à son sujet ...

J'ai découvert "le coup de gueule" du Dr Vétérinaire Charles Danten, et j'ai malheureusement retrouvé quelques souvenirs douloureux lors de ma lecture.

Il est exclu de ma part de remanier ou de reprendre son article, que je trouve très intéressant à lire et à comprendre, si cela peut nous aider à mieux considérer notre compagnon de vie et de l'aimer avec tout le respect que nous lui devons en sélectionnant avec soin son médecin praticien, en veillant à lui éviter toute souffrance inutile ou supplémentaire. Aussi je vous propose tout simplement de retrouver cet article dans sa totalité ci-dessous.

Après la lecture de l'article ci-dessous, vous ne verrez plus les vétérinaires comme avant.

Aussi n'hésitez pas à prospecter plusieurs vétérinaires avant de désigner celui qui sera votre "médecin de famille", votre vétérinaire de confiance.

Bien félinement vôtre,
Jocelyne

 

Les soins vétérinaires: L'anthropomorphisme thérapeutique

Il n’existe pas un seul animal qui peut comprendre et apprécier ce qu’on lui fait subir dans un milieu hospitalier. Les animaux malades qui séjournent dans une clinique vétérinaire sont en général peu coopératifs, et les incidents fâcheux sont nombreux. Les odeurs et les bruits non familiers, la silhouette et la voix des intervenants, la couleur de leur sarrau et la présence d’autres animaux leur font peur. L’hyperexcitation, les aboiements et les hurlements de détresse, les mictions et les défécations émotives incontrôlables, la crainte et la soumission excessive, les manifestations de domination sont la norme dans ce genre d’environnement. La contention est de rigueur et les animaux de caractère dominateur comme Lucky (voir l’histoire de Lucky le malchanceux dans la section extrait) et ceux qui sont mal socialisés ne coopèrent jamais. Le vétérinaire et son personnel de soutien sont exposés quotidiennement aux morsures, aux coups de griffes et à l’agressivité des animaux.

Le stress associé aux traitements médicaux et chirurgicaux, électifs, préventifs et curatifs, soulève certaines questions sur l’efficacité de ceux-ci, sur leur valeur et sur leur cohérence, même s’ils aboutissent à quelque résultat.

L’effet du stress sur le fonctionnement de l’organisme et sur la maladie est en effet de mieux en mieux connu, et grâce aux progrès techniques en médecine, il est souvent possible de l’atténuer. Malgré tout, un nombre indéterminé d’animaux succombent à cause du stress. Les animaux sont examinés et traités avec dureté, selon par des procédures parfois très douloureuses et traumatisantes qui ne peuvent que limiter le succès des interventions, voire aggraver l’état de certains malades.

Prenons le cas du chat. Celui-ci a, logées entre le nez et les oreilles, des glandes qui sécrètent des phérormones qu’il répand, pour se sécuriser, un peu partout dans la maison, en se frottant la face sur les objets environnants. L’hospitalisation, qui fait qu’il se trouve brutalement isolé dans une cage stérile sans odeur familière, est une atteinte très grave à son sentiment de sécurité et un événement extrêmement traumatisant. On peut du reste considérer, pour le chat et pour les individus de plusieurs espèces, y compris le chien, un simple séjour en pension comme un acte d’une grande cruauté.

Le chat est en fait un animal d’une très grande sensibilité émotive. Il réagit fortement au moindre changement de température et au plus petit tremblement de terre. Les changements climatiques reliés aux équinoxes de printemps et d’automne ont des répercussions méconnues sur son bien-être. L’anxiété joue un rôle de mieux en mieux connu dans la genèse et l’aggravation de certaines maladies du chat telle l’inflammation de la vessie (cystite interstitielle), par exemple.

Buffington, une chercheuse américaine, s’est sérieusement interrogé dans le cas du chat, sur la valeur médicale des analyses de l’urine obtenue en clinique. Le stress influe également sur les paramètres sanguins, et un simple voyage en auto de deux heures, une attente avant la consultation peuvent fausser les résultats des analyses de sang. L’hospitalisation a aussi des répercussions dont les manifestations peuvent être mal interprétées et donner lieu à un diagnostic erroné.

Par ailleurs, la manipulation musclée et l’application intempestive de procédures médicales douloureuses, comme le cathétérisme urinaire, les piqûres, l’acupuncture, la mise en place d’un transfuseur, etc., peuvent être considérés, du point de vue de l’animal, comme une atteinte au bien-être. À la maladie s’ajoute ainsi l’anxiété que suscitent des soins dont l’animal ne peut saisir les raisons.

Les plus dociles, les plus soumis et les mieux socialisés sont souvent les plus dépendants et les plus sensibles à la séparation d’avec le maître. Il n’est pas rare que ces animaux hyperdépendants et dénaturés fassent une dépression réactionnelle grave à la suite d’une hospitalisation.

Certains arrêtent totalement de manger et de boire pendant leur séjour à l’hôpital et il faut les nourrir de force. Le chat anorexique est particulièrement sujet (dans certains cas) à un engorgement du foie, presque irréversible (lipidose hépatique), une affection très grave bien connu des vétérinaires. Les épisodes d’encoprésie (défécation sur le lieu de couchage) et d’énurésie (urine sur le lieu de couchage) sont très fréquents et signalent un état d’anxiété hors du commun.

Les soins dentaires

Un autre acte vétérinaire en apparence anodin est aussi susceptible de provoquer un traumatisme chez l’animal; il s’agit des soins dentaires, une pratique qui connaît depuis quelques années un essor considérable surtout à cause de la domestication et du régime alimentaire des animaux (voir chapitre suivant). Soucieux de la bonne dentition des animaux, les vétérinaires consciencieux multiplient donc les détartrages et les interventions dentaires douloureuses, sans penser aux conséquences émotives désastreuses de toutes ces interventions.

Prenons encore le cas du chat à qui le maître veut faire nettoyer les dents. Il lui faut d’abord l’attraper et le mettre dans une cage, entreprise pas toujours facile, car si l’animal a déjà vécu l’expérience, il se doutera de ce qui l’attend. Il faut ensuite le transporter en voiture à la clinique où un étranger le prend en charge en vue de le soumettre à une série d’interventions totalement incompréhensibles pour lui.
Il sera, dans un premier temps, examiné sous toutes les coutures, puis mis dans une cage stérile sans aucune odeur familière. Il y aura bien souvent, dans la cage voisine, un chien comme Lucky qui aboie, victime, lui aussi, de nos bonnes intentions.

Dans un deuxième temps, on lui injectera, pour le tranquilliser ou le paralyser, par voie intramusculaire, une dose de Kétamine, un produit extrêmement douloureux. Pour se protéger des réactions violentes, le vétérinaire enroulera le chat dans une couverture et son assistant le maintiendra par la force. La peur et l’anxiété seront parfois tellement intenses que le chat urinera et déféquera sur la table. Par ailleurs, ce médicament paralyse le patient, mais il n’a pour ainsi dire aucune action analgésique.
Il retournera enfin chez lui, complètement traumatisé.

Je fais ici une parenthèse pour parler de l’emploi de ce médicament qu’est la Kétamine et des médicaments en général. Les vétérinaires peu scrupuleux peuvent pratiquer des interventions très douloureuses, comme le dégriffage et la castration, en n’utilisant que cette drogue comme agent anesthésique. Il est à noter que, dans ses normes de pratique vétérinaire, l’Ordre des Médecins Vétérinaires du Québec interdit l’usage de cette seule substance pour des chirurgies de ce genre. Cependant il n’est pas facile de concrétiser cette interdiction, car il n’y a aucun moyen d’en vérifier le respect. L’animal récalcitrant est mis dans l’impossibilité de réagir, mais il sent très bien et il est conscient de ce qu’on lui fait. Il est ensuite remis en cage complètement abasourdi, loin des siens et de son environnement. De retour chez lui, encore sous le choc, il sera forcé, pour les prochains cinq à dix jours, parfois plus, à ingurgiter un liquide ou une pilule infectes que son maître lui administrera de peine et de misère.

Les médicaments pour usage vétérinaire ne sont pas, sauf exception, conçus pour les animaux, mais bien pour les êtres humains. L’administration des médicaments est problématique pour bien des propriétaires, surtout s’il s’agit d’une maladie chronique qui nécessite un emploi continu. Ils ne sont pas d’une habileté égale et beaucoup ont peur de donner une injection, comme dans le cas de diabète, ou d’administrer un comprimé ou un liquide par la bouche. Les animaux sont rarement coopératifs et ne comprennent pas le but de cette procédure. Les fabricants de produits pharmaceutiques tiennent peu compte de ce facteur, de sorte que la grosseur des comprimés et leur goût, tout comme celui des préparations liquides, compliquent passablement le traitement. À ma connaissance, aucune étude sérieuse n’a été menée pour mesurer l’importance réelle de cet élément en relation avec l’échec thérapeutique, l’abandon du traitement ou l’euthanasie d’un animal.

Par ailleurs, les sollicitations du maître qui est préoccupé par l’état de santé de son animal, son attention constante, son inquiétude et les émotions négatives qu’il projette ne font que rendre l’animal encore plus anxieux et retarder sa guérison.
Il est surprenant et tout à fait à l’honneur de l’instinct de survie des animaux qu’ils arrivent à surmonter tous ces handicaps.

Pour en revenir à notre chat, l’expérience aura été tellement traumatisante, qu’une seule visite chez le vétérinaire, un seul séjour resteront gravés à jamais dans sa mémoire. Une visite future déclenchera une grande détresse émotive. Certains chats ne sortent que pour aller chez le vétérinaire et ils reconnaissent facilement, à la vue de certains objets comme la cage ou une serviette, tous les signes d’une visite imminente qu’ils appréhendent avec beaucoup d’anxiété et qu’ils tentent en vain d’éviter.

Les exotiques

Les espèces moins familières, en grande majorité sauvages, arrivent en consultation dans un état de santé précaire. Les propriétaires, qui ne connaissent à peu près rien des animaux qu’ils gardent captifs, éprouvent beaucoup de difficultés à déceler les symptômes parfois très subtils de la maladie. De plus, pour compliquer les choses, certaines espèces comme les oiseaux possèdent un mécanisme de survie naturel qui les incite à cacher, au prix d’un effort qui taxe leurs réserves d’énergie, toute faiblesse. Un animal sauvage qui présente un signe de maladie est déjà gravement malade lorsqu’il arrive en clinique et, dans le contexte médical actuel, la maladie et l’hospitalisation de ces animaux équivalent presque à leur mise à mort. La grande majorité des espèces exotiques (tortues, oiseaux, serpents, lapins, rongeurs, etc.) ne reçoivent jamais de soins et ne sont amenés chez le vétérinaire que pour se faire détruire. Ces animaux ont peu de valeur marchande et ceux qui les achètent, sauf exception, ne tiennent pas, pour des raisons diverses, à dépenser pour les faire soigner.

Couper les griffes

Un acte à première vue simple, couper les griffes d’un chien, peut être extrêmement traumatisant. La domestication ne leur permet pas de les user normalement et lorsqu’elles sont trop longues, ils ont de la difficulté à marcher et le bruit sur plancher dérange. Il y a dans la griffe un vaisseau et un nerf, et lorsqu’on coupe une griffe, on ne coupe pas un ongle inerte, comme chez les humains, mais on écrase le bout du doigt ; lorsqu’on coupe la griffe trop court, comme cela arrive fréquemment, c’est comme si on coupait littéralement le bout du doigt. Il s’ensuit une hémorragie parfois très profuse, et cette expérience est tellement douloureuse qu’aucun chien, à moins d’être excessivement soumis, ne se laisse faire. Il faut souvent recourir à la force et même aux sédatifs pour les maîtriser. Certains éleveurs pas trop scrupuleux, pour préparer leurs animaux à une exposition, coupent très court les griffes de leurs protégés et les laissent saigner dans leur cages toute la nuit.

Les jeunes enfants humains sont souvent comparés aux animaux, car ils ne comprennent pas non plus pourquoi ils sont soignés, mais la comparaison s’arrête là. Les enfants humains bénéficient tout de même de certains avantages que ces enfants-là n’ont pas.

Les parents sont autorisés à accompagner leurs enfants malades à l’hôpital et on met souvent une chambre à leur disposition. On offre même aux enfants dans certains hôpitaux la compagnie d’un animal thérapeute pour soulager leur anxiété. Les jeunes patients sont rarement laissés sans attention et sans soins pendant de longues heures, encore moins pendant des journées et des nuits entières. Les cliniques vétérinaires qui possèdent le personnel de soutien nécessaire pour surveiller les animaux la nuit et les jours fériés sont peu nombreuses, et sont même l’exception.

De plus, hormis dans les hôpitaux psychiatriques et les foyers pour gens âgés et séniles, il est difficile de concevoir que des humains puissent être traités avec autant d’insensibilité et de brutalité que les animaux. Ils ne sont pas systématiquement muselés, attrapés au lasso, immobilisés par les oreilles ou la peau du cou, ou tenus écrasés sur une table. Les humains ont de plus la capacité de surmonter leurs craintes et de coopérer volontairement.

Enfin, l’espoir et les notions abstraites se rapportant à la religion, qui permettent aux êtres humains de se battre contre l’adversité, sont de toute évidence absents chez les animaux. Ceux-ci n’ont pas non plus la capacité intellectuelle de comprendre le sens de toutes les interventions douloureuses et les espèces plus sauvages, encore moins. Ils ne peuvent que sentir une menace à leur bien-être et à leur survie que seuls les plus soumis et dressés (et il y en a) vont endurer bien malgré eux.

En résumé, les animaux tolèrent mal qu’on les muselle, qu’on les attache, qu’on les enferme, qu’on les pique, qu’on leur mette des bandages, qu’on les gave de comprimés et qu’on leur lave les dents.

Bien qu’ils donnent quelque résultat, du point de vue de l'animal, les soins vétérinaires sont un sévice additionnel à ajouter à une longue liste d’abus. Comment ces enfants, quand on y pense bien, peuvent-ils interpréter autrement ces interventions médicales ? Comment peuvent-ils savoir que nous voulons les soigner et les guérir ? Ces sentiments égocentriques donnent lieu, dans le cas des animaux très malades et des animaux âgés, à un acharnement thérapeutique qui vient achever cruellement toute une vie au service de l’homme.

Les bêtes subissent notre affection et nos sollicitations contre nature toute leur vie, mais nous oublions bien trop facilement qu’elles ne nous ont rien demandé. Nous les exploitons même à travers les soins que nous leur administrons. C’est à se demander à qui ces soins font le plus plaisir. N'est-il pas absurde de les rendre malade d'une main puis de tirer vanité à les soigner de l'autre ?

 

Source :

Un vétérinaire en colère - Site du Docteur Charles Danten

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